bandeau

Alba-la-romaine

MuseAl

Le parvis du MuséAl

Le site

Entre la vallée du Rhône et le cours moyen de l'Ardèche, la cité d'Alba s'est développée, à environ 200 mètres d'altitude, dans un bassin sédimentaire déjà occupé depuis le Néolithique. Celui-ci est bordé à l'ouest par les hauteurs de la Montagne de Berg, par celles de Montagut à l'est qui le séparent de la vallée du Rhône et il est dominé au nord par les hautes falaises basaltiques du Coiron. Le volcanisme se manifeste également dans la plaine même, avec notamment le neck de La Roche et celui supportant le château d'Alba.
Se prolongeant au nord vers Saint-Jean-le-Centenier et Villeneuve-de-Berg, communiquant avec la vallée du Rhône par les vallées du Frayol et de l'Escoutay, le bassin d'Alba avait vocation à devenir un important lieu de passage entre le Rhône et le Massif central. On sait ainsi que passait par Alba la grande voie romaine reliant la cité de Valence à celle de Nîmes, dite voie des Helviens, ou d'Antonin-le-Pieux, dans sa partie située en territoire Helvien.

L'histoire d'Alba

Préhistoire et protohistoire

Les premiers indices d'une présence humaine dans le bassin d'Alba se situent au Néolithique récent (2500 - 2300 av. J.-C.), période pour laquelle les fouilles ont révélé des traces d'occupation en de nombreux points de la plaine et de la base des versants. En revanche, pour les périodes postérieures de l'Âge du bronze et l'Âge du fer, les données sont rares.

Alba au ier siècle avant J.-C.

Cette période est celle où les Helviens sont progressivement assimilés et intégrés à la province romaine de Transalpine qui, sous Auguste, deviendra la Narbonnaise. C'est le temps troublé de la fin de la République. Quelques mouvements de rébellion agitent la province que Pompée pacifie avec énergie. Les Helviens en subissent les conséquences, jusqu'au moment où ils prennent parti pour Rome et deviennent alliés de Jules César au cours de la guerre des Gaules (58-52 av. J.-C.). Ceci leur vaut, peut-être de la part de César lui-même, le droit latin pour leur cité d'Alba. Une inscription donnant la citoyenneté à un Helvien d'Alba se trouve au musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon.
À cette époque, plusieurs sites se trouvaient déjà habités sur la rive gauche de l'Escoutay. On y retrouve les futurs quartiers de la ville des ier et iisiècles de notre ère : Bagnols, où un habitat s'était aggloméré autour d'un sanctuaire, la Plaine, le Palais, Saint-Martin, le Pinard, les Basaltes où fonctionnait un petit atelier de métallurgie, Saint-Pierre. L'espace occupé par cette agglomération préfigurerait donc, en plus lâche, l'emprise du futur chef-lieu de cité.

Alba, cité de droit latin dans la province de Narbonnaise (ier - iiie siècle)

milliaire des Combes

Milliaire des Combes, trouvé dans la vallée du Frayol, marquant la distance de 4 000 pas d'Alba
Visible au MuséAl

Pendant les deux à trois premiers siècles de l'empire romain, peu d'évènements concernant la cité d'Alba nous sont connus.
Elle est citée dans un texte de Pline l'Ancien (Histoire naturelle, livre XIV § 43, cf. René Rebuffat, « La vigne en Ardèche avant l'an 1000 », Revue du Vivarais, n°1, 2001.) : « Il y a sept ans, à Alba helvienne de la province de Narbonnaise a été inventée une vigne perdant sa fleur en un jour et pour cela très robuste. On l'appelle Carbonica et maintenant toute la province la plante. » René Rebuffat note que cette nouvelle vigne aurait été découverte en l'an 65, donc sous le règne de l'empereur Néron.

On sait aussi que ce sont les magistrats d'Alba qui ont décidé de jalonner de bornes milliaires, dans toute la partie traversant leur cité, la grande voie reliant la cité de Valence à celle de Nîmes qui, quittant la vallée du Rhône au niveau du Teil (Mélas) pour remonter la vallée du Frayol, passait par Alba. Ce bornage a eu lieu en 144-145, sous le règne de l'empereur Antonin-le-Pieux. Roger Lauxerois et al. (loc. cit.) pensent que c'était peut-être la période la plus faste de l'histoire d'Alba.
Alba n'ayant jamais été entourée de remparts, la superficie de l'agglomération est difficile à estimer. Une trentaine d'hectares sans doute, ce qui est la superficie de l'actuelle réserve archéologique, propriété du Département. Des points de repère pour ses limites sont fournis par l'emplacement des cimetières qui, on le sait, n'étaient jamais implantés dans la ville, mais le long des voies à l'approche de celle-ci. L'une de ces nécropoles se trouve sous le rond-point de la D107 proche de l'entrée du MuséAl, donc une des limites de la ville se trouvait par là. Deux autres nécropoles permettent de fixer respectivement la limite sud-ouest de la ville au quartier Saint-Martin et sa limite nord-ouest à Saint-Pierre.

Alba à la fin de l'Antiquité (fin iiie - fin ve siècles)

Ce sont deux siècles sur lesquels on manque de données authentiques. Contrairement à une ancienne tradition selon laquelle Alba aurait été détruite par des Vandales conduits par un certain Chrocus, il est maintenant bien établi que la cité a connu un long déclin depuis le fin du iiisiècle. Aucune trace de destruction violente n'a été retrouvée dans cette ville qui n'a jamais été fortifiée et dont l'abandon a, au contraire, été progressif. La population semble s'être dispersée dans la campagne environnante où les domaines fonciers sont nombreux et florissants aux iiie et ive siècles.
C'est l'époque où le christianisme pénètre progressivement dans les cités gallo-romaines et où Alba devient siège épiscopal. Les vestiges d'une église paléochrétienne au quartier Saint-Pierre témoignent de cette époque. Les évêques siègeront à Alba durant environ un siècle, jusque vers 475, date où le siège épiscopal est transféré à Viviers.

Du Moyen-Âge à nos jours

Le château

Après l'abandon de la cité romaine, il faut attendre le Moyen-Âge pour trouver mention d'une nouvelle agglomération à l'emplacement du village actuel. Au xie ou xiie siècle, un donjon, puis un château fort, furent édifiés sur le neck qui porte le château actuel. Des maisons commencèrent à se grouper à son pied, amorce d'un village castral.
La première seigneurie dont on connaisse l'existence est celle d'Aps. Cette famille donne son nom à la localité qui le conservera jusqu'en 1903, date à laquelle elle reprit celui d'Alba. On sait peu de choses sur cette seigneurie, sinon qu'elle devint baronnie ainsi qu'en atteste l'hommage d'un de ses membres à l'évêque de Viviers, Arnaud de Vogüé, en 1250. À la famille d'Aps succède celle de Deux-Chiens dont un des membres, Pons, accorde en 1281 une première charte de franchise à la communauté des habitants.
Vers 1284, le mariage de Blonde de Deux-Chiens avec Giraud d'Adhémar, seigneur de Grignan, fait passer la seigneurie d'Aps à la famille d'Adhémar qui la détiendra durant trois siècles. Les Adhémar sont également coseigneurs de la Roche d'Aps, avec la famille Du Teil.
La famille d'Adhémar s'éteint en 1568 et, après de longues tractations, la seigneurie d'Aps échoit en 1612 à la famille de La Baume de Suze qui la conservera jusqu'en 1668. En 1614, Louis XIII confère à Georges de La Baume de Suze le titre de comte d'Aps et en 1618 il place le récent comté au nombre des baronnies de tour du Vivarais. En juillet 1620, les États du Vivarais se réunissent au château d'Aps. Aps connaît ainsi, en ce début du xviie siècle, une période de prestige. C'est à cette époque que l'on peut placer la construction du château actuel.
En 1668, la seigneurie est vendue à la famille de Montagut qui la conservera jusqu'à la Révolution.. Les Montagut habitent peu le château.
Le dernier comte d'Aps, Charles-Laure de Montagut, émigre en 1793 et ses possessions sont saisies comme biens nationaux. Le château lui-même, en fort mauvais état, déjà saccagé en 1789, est divisé en sept lots qui sont acquis par des habitants du village. Au cours du xixe siècle, l'édifice continue à se dégrader jusqu'en 1880, date à laquelle il est racheté par un médecin de Lyon, natif d'Aps, Bonaventure Gaillard, qui le sauve de la ruine.
C'est en 1903 qu'Aps reprit son nom antique d'Alba ; en 1986 celui-ci devint Alba-la-Romaine.
Le village est classé « village de caractère ».

Le site archéologique

Bref historique des fouilles

Plan du site

Plan du site
(Dupraz (Joëlle), Fraisse (Christel), Carte archéologique de la Gaule)

Le site couvre 30 hectares du rond-point sur la D 107 proche de l’entrée du MuséAl, rond-point sous lequel, on l'a vu, se trouve une nécropole, jusqu’à l’Escoutay.
Sur ces 30 hectares, seuls huit ont été fouillés. Pendant des siècles, des vestiges ont été mis au jour à l'occasion de travaux agricoles et récupérés par les habitants du village sans que l'on y attache une quelconque importance. Il paraît que certaines familles possèdent de jolies collections privées... On a même découvert au théâtre en 1964-1965 un dépôt de blocs architecturaux sculptés destinés à un four à chaux dont les vestiges existent encore. Ceci donne une idée de la destinée qu'ont dû connaître au cours des siècles tant de pièces d'architecture et de sculpture antiques.
Les premières fouilles officielles ont lieu en 1819-1821, sous la direction d'Honoré Flaugergues, dans le quartier du Palais, là où les vestiges abondent. C'est d'ailleurs cette abondance de vestiges architecturaux qui avait laissé penser aux habitants du lieu à l'existence d'un ancien palais, d'où le nom donné à ce quartier. Cette fouille a été marquée par la découverte de plusieurs pavements de mosaïques géométriques. Mais l'expérience de 1821 n'eut pas de suite de tout le xixe siècle et il fallut attendre l'entre-deux-guerres pour que de nouvelles recherches soient entreprises à l’instigation du maire, Franck Delarbre. Le théâtre fut au centre de cette campagne de fouilles dont les résultats ont été importants. Des substructions furent découvertes de part et d'autre du ruisseau et un important matériel recueilli (céramiques, fragments d'architecture : corniches, pilastres, chapiteaux).
Les recherches se poursuivirent de façon discontinue jusqu'en 1939, puis reprirent en 1945, toujours à l'initiative de Franck Delarbre. Mais ce n'est qu'à partir de 1964 que les recherches archéologiques prirent un rythme plus régulier, avec des campagnes de fouilles annuelles et la mise en œuvre de techniques plus rigoureuses.
Une campagne de fouilles très importante a eu lieu entre 1980 et 2000. Celle-ci a été déclenchée par la restructuration du vignoble ardéchois. La plaine est alors couverte de vignes, notamment de cépages hybrides qu'il convient d'arracher pour replanter des cépages nobles. Arrachage, défonçage (jusqu'à 0,80 m.), replantation constituent un grand péril pour le site car les vestiges se trouvent à faible profondeur (vers 0,40 m.) et la surface concernée coïncide avec l'emprise urbaine antique. Dès 1981, le directeur des Antiquités historiques, J. Lasfargues, met en place le premier sauvetage (villa de La Plaine). De 1981 à 1988 ont lieu 17 sauvetages programmés et urgents et une réserve archéologique est constituée par achat de terrains par l'État, qui les remet au Département.
Depuis les années 2000, les techniques de fouilles ont beaucoup évolué. En particulier, les graines, les pollens sont ramassés en vue d'une étude approfondie. À partir des ossements d'animaux, les spécialistes sont capables de déterminer si ces animaux ont été sacrifiés ou ont été consommés.
Depuis quatre ou cinq ans, des fouilles préventives dans le quartier de la Grande Terre ont mis au jour des restes de vin desséché datant du ve siècle av. J.-C., ce qui laisse penser que celui-ci était déjà connu avant l’arrivée des Romains. On a d'autre part découvert huit fours espacés d’un ou deux mètres. À quoi servaient-ils ? Le site est actuellement recouvert.

Visite du site principal

Tuyaux

Tuyaux de plomb

L'entrée dans le site se fait par le cardo maximus, bien visible mais presque dépourvu de ses dalles, celles-ci ayant été récupérées au Moyen-Âge. Elles étaient en calcaire ou en basalte du Coiron, de 70 cm d’épaisseur, percées chacune d’un trou (« trou de louve ») permettant de la soulever avec un pieu ou une pince. Pas de mortier ; elles sont « autobloquantes ». Le cardo est bombé afin de faciliter l’écoulement des eaux pluviales sur ses côtés. Au-dessous, pour canaliser cette eau de pluie, se trouvaient des tuyaux de plomb (au musée) portant le nom de celui qui les avait financés. Le decumanus n'a pas été localisé.
Le long du cardo, on a identifié 22 boutiques de commerçants et artisans ouvrant sur un trottoir couvert. Trois mille objets y ont été dégagés.

Quelques exemples de boutiques :

Lampe à huile

Lampe à huile

amphores

Amphores

Au cœur de la cité, se trouve le centre monumental que l'on atteint en empruntant un escalier situé entre deux boutiques. Les empreintes au sol de plusieurs bâtiments ne permettent pas de définir avec précision leurs fonctions. Les empreintes sont moins visibles et moins « nettes » depuis que le desherbage est interdit. Des moutons viennent paître sur le site de temps en temps. Au nord, deux bassins d'agrément de 25 mètres de long, chacun était entouré d'un jardin et d'un portique sur les quatre côtés . Des fragments de mosaïques au sol ont été retrouvés. Sans doute s'agit-il d'un bâtiment à vocation publique. Au sud, l'æra sacra avec un temple de type classsique. Au vu des empreintes au sol, le portique avait environ neuf mètres de haut, ce qui correspond aux canons définis par Vitruve (ier siècle av. J.-C.). Il reste encore à localiser avec précision le forum (sans doute au sud du temple ). La Curie, les thermes n'ont pas été découverts. Les seuls thermes fouillés sont de petite taille, à côté de la villa dite des Planchettes, donc sans doute des thermes privés.

Mosaïque des poissons Mosaïque

Les mosaïques découvertes à Alba étaient des pavements de sol. Elles ornaient les pièces d'apparat des habitations, à la ville comme à la campagne, ainsi que les espaces de prestige des lieux publics. (MuséAl)

Dépôt votif provenant du sanctuaire des Basaltes..

Au sud-ouest du site, au lieu-dit la Planchette, on a mis au jour les vestiges d'un sanctuaure dit des Basaltes regroupant plusieurs aménagements à vocation cultuelle : un temple , deux bâtiments hypogés, un petit édifice maçonné associé à des dépôts votifs : vases contenant des étoiles, rondelles à rayons, croix en or. Les abords du temple étaient alimentés en eau par un système d'adduction en plomb. Plusieurs indices laissent supposer que la divinité honorée en ce lieu pourrait être le dieu au maillet Sucellus du panthéon gaulois.

Le quartier de l'habitat populaire est localisé, entre la ville et le sanctuaire de Bagnols, contrairement à celui des insulae. Les petites maisons étaient en bois et terre.

Le théâtre

Le théâtre est situé à la limite orientale de la ville, de part et d'autre du ruisseau du Massacre qui sépare le mur de scène de la cavea. Des sondages effectués dans la cavea en 1982 ont permis de reconnaître trois états à cet édifice. Le plus ancien daterait du début du règne d'Auguste. Les gradins étaient en terre stabilisée recouverte de planches. Le second état date au plus tôt des années 30-45 de notre ère. Cet édifice est mal connu, sans doute encore une construction légère à base de poutraisons de bois. Le théâtre visible date du iie siècle et comporte 3 000 places. Ce qui ne signifie pas que la ville d'Alba était une ville de plus de 3 000 habitants, car l'on venait de l'extérieur pour assister aux spectacles. La scène était en bois (d'où l'emploi de ce matériau pour la restauration, restauration non permanente). Il y avait un mur de scène et, derrière celui-ci, les coulisses. Les parties supérieures des murs du théâtre ont été récemment enduites de mortier, de type ancien à base de chaux, pour assurer l'étanchéité de ces murs. L'été des spectacles sont présentés dans le théatre et des animations organisées sur l'ensemble du site .Des bénévoles, habitants du village, agriculteurs voisins, jouent un rôle important dans ces animations, preuve que les dissensions entre archéologues et agriculteurs, parfois expulsés de leurs terres, ont bien disparu.
Certaines des villæ découvertes ne peuvent pas être présentées au public pour des raisons de sécurité, notamment l'une qui est située de l'autre côté de la route et une autre au bord d'un ravin.

Le sanctuaire de Bagnols

Le nom de ce sanctuaire provient de la toponymie du quartier où il est situé, le nom de Bagnols apparaissant pour la première fois dans les estimes de 1464. Tout comme la villa Pinard doit le sien au nom du quartier l'entourant. Aucune allusion au vin, mais au nom d'un habitant d'Alba « Pinario », trouvé sur une inscription.

Temple axial

Temple classique sur podium

Le sanctuaire de Bagnols, fouillé à partir de 1992, est situé au nord du site d'Alba, à côté du quartier populaire, sur la voie d'Antonin. Ce sanctuaire impérial est situé à cet endroit afin que les voyageurs n'oublient pas de vénérer l'empereur, si lointain géographiquement... L'ensemble du site est entouré d'un portique. Le seuil est encore visible ainsi que, creusés dans ce seuil, les trous où étaient installées les fermetures. On voit encore les traces d'un bassin entre le portique et les deux temples les plus anciens, construits en parallèle. Ce bassin était rempli avec l'eau du ruisseau du Massacre, déjà cité, qui court le long du portique, puis passe au théatre. Cette eau, symbole de vie, était-elle liée à une divinité ?

On reconnaît trois temples, sous lesquels se trouve un temple indigène. L'endroit choisi n'est pas anodin. La religion romaine doit effacer toute trace des cultes indigènes. Le premier temple est typiquement gallo-romain, un fanum datant de 40-50 ap. J.-C. Le corps du temple est au centre, entouré d'un portique. Une offrande y a été trouvée : un casque, endommagé pour ne pas être volé...

En parallèle, un temple classique sur podium, entouré d'un portique, datant des années 60-70. Il reste les bases de quatre colonnes à l'entrée, les empreintes du vestibule et de la cella. Pratiquement tous les blocs de marbre du podium ont été volés. Devant le temple, un exèdre, semi-circulaire : banc pour converser ou niche pour une statue ? À noter, sur la base arrière de cet éxèdre, un mortier rosé fait de tuilots destiné à renforcer l'étanchéité des murs. L'argile absorbe l'eau ce qui explique que ce mortier était utilisé pour les piscines, les bassins.

fragment de statue féminine

Fragment de statue féminine
La tunique est recouverte d'un manteau. La statue reprend le drapé et la position caractéristiques d'un modèle grec du Ve siècle av. notre ère.

Statue de l'empereur

Statue de l'empereur divinisé

pied

Pied masculin

Sculptures provenant du temple axial du sanctuaire de Bagnols

En arrière des deux autres, un temple dit axial, dont l'architecture est un mélange du fanum, du temple sur podium et du portique. Son sol était recouvert de mosaïques au ier siècle, qui furent détruites au iie siècle et remplacées par du marbre coloré, y compris sur les murs. Ce marbre est d'origines diverses (Carrare, Pyrénées...). Les mosaïques ont pu être reconstituées grâce aux très nombreuses tesselles retrouvées, en particulier dans les cours du temple. En 1997, découverte d'une statue en marbre de Carrare d'un empereur divinisé, statue couchée au pied du podium, sous un four à chaux, ce qui l'a préservée. Seuls le buste et le haut des cuisses nous sont parvenus. Sans doute trop épais pour être découpés, broyés et insérés dans un four à chaux, l'ensemble pesant 500 kg. Trajan ou Hadrien ? L'empereur est nu avec un corps parfait, car il est divin, donc parfait. D'après les fragments récoltés autour de la statue, sept autres statues devaient sans doute l'entourer. La statue et certains fragments sont au musée. En particulier ceux d'une statue de femme « à dos plat » ce qui laisse à penser qu'elle était plaquée contre un mur. Femme de l'empereur ? Dans ce temple, la « Triade capitoline » fut vénérée avant la mise en place du culte de l'empereur. Sur ce site, de nombreuse offrandes ont été mises au jour. Elles étaient déposées sous le portique du fanum, l'escalier du temple à podium et dans les deux cours latérales du temple axial. Fouilles extraordinaires : anneaux en bronze, pots, sigillée, bijoux...).
Ce site est exceptionnel par le nombre d'objets qui y ont été découverts.

Une voie sacrée, bordée de statues, reliait le sanctuaire à la ville.

Le quartier Saint-Pierre

Celui-ci se situe à l'angle de la RD 107 et de la route menant au village. On y a reconnu les vestiges de plusieurs édifices successifs, ainsi qu'une importante nécropole. Le premier édifice était une vaste construction de la fin du ier ou du début du iie siècle, établissement public ou vaste demeure privée. Son plan, partiellement reconnu, consiste en une aile occidentale de 30 mètres de long constituée de plusieurs salles, dont certaines richement décorées (placages de marbre, enduits peints, mosaïque blanche), ouvrant sur un portique au sol orné d'une mosaïque. Au-delà, un espace découvert est creusé d'un grand bassin.
Cette construction a subi des remaniements dont le dernier en date correspond à l'établissement d'un sanctuiaire chrétien. Ce sanctuaire paléochrétien qui s'établit donc dans les restes de l'édifice gallo-romain est formé de deux églises de plan basilical orientées est-ouest, séparées par un couloir d'accès dallé et reliées par une galerie-portique. Un certain nombre de plaques et de piliers de chancel y ont été retrouvés. Le corps de l'église sud est une réutilisation d'une partie des salles occidentales du bâtiment gallo-romain. Pour l'église nord, la réutilisation des structures antérieures est plus modeste.
De nombreux sarcophages ont été mis au jour dans le sol de l'église nord qui s'avère avoir été utilisée comme édifice funéraire au haut-Moyen-Âge.

Saint-Pierre vestiges de l'église romane fragments de chancel

Fragments de chancel
cf. Bernard (Christiane), Larnas, Grospierres, histoires de pierres en Vivarais.

 

Saint-Pierre - Vestiges de l'église romane

Enfin, une petite église romane a été élevée au xiie siècle à l'emplacement de l'église paléochrétienne nord. Elle était formée d'une nef unique de quatre travées terminée par une abside semi-circulaire. Quelques petits bâtiments disposés autour d'une cour munie d'un puits formaient le prieuré occupé par les deux chanoines de Saint-Ruf qui assuraient le service paroissial. Au nord et à l'ouest de l'église s'étend le cimetière paroissial Saint-Pierre, au-dessus des tombes et des sarcophages primitifs. À partir du xive siècle, des tombes prennent place dans le sous-sol de l'église, d'où elles étaient jusque-là exclues. Pendant plus de trois siècles, elles se superposent sur plusieurs niveaux. Deux de ces tombes ont livré des petits christs d'orfèvrerie limousine datés de la fin du xiiie siècle. Les inhumations cessent à Saint-Pierre au début du xviiie siècle à la suite des guerres de Religion et de la création d'un nouveau cimetière au village, à côté de l'église Saint-André.
Actuellement les vestiges du quartier Saint-Pierre ne sont plus visibles, le site ayant été recouvert.

Le château

Nous avons vu que c'est du début du xviie siècle, sous la seigneurie de Georges de La Baume de Suze, que l'on peut dater la construction du château actuel. Les restes du donjon médiéval, très fissurés, ont été démontés en 1896 pour des raisons de sécurité.
Après la mort du Dr Gaillard qui, on l'a vu, avait racheté le château en 1880 pour le sauver de la ruine, plusieurs propriétaires se sont succèdé jusqu'en 1974, date à laquelle le Dr Magdeleine Frimat prend en charge les restaurations qui s'imposent. Elle ouvre alors le château au public, organise des expositions, accueille spectacles et séminaires. Aujourd'hui, ses enfants poursuivent son œuvre.
Le château est inscrit sur la liste des Monuments historiques depuis 1939.

Le mur rideau du xixe siècle

Avant-corps

La porte d'entrée du xviie siècle

L'édifice, dont le gros œuvre est en moellons de basalte, se compose aujourd'hui de deux ailes en retour d'équerre encadrant un avant-corps donnant sur la cour, au sud-ouest. Sur une ancienne tour, accolée au château neuf et construite au bord du rocher, sont visibles une très ancienne meurtrière et plusieurs trous, des opes qui soutenaient des hourds.
Parmi les travaux réalisés par le Dr Gaillard, il faut mentionner en particulier l'édification, dans le style des constructions existantes, d'un mur rideau destiné à masquer les parties ruinées. À l'intérieur, il restaura de nombreuses pièces dans un style néogothique.

intérieur du château intérieur du château
fresque dans le château

Le village d'Alba-la-romaine

Dès le Moyen-Âge le village d'Aps était fortifié et le château bordé par un fossé à l'emplacement de l'actuelle rue du Four. Une deuxième campagne de fortification a lieu entre la fin du xiiie et le début du xive siècle, mais la mise en place définitive des structures de protection ne s'effectua que dans les premières années du xvie siècle. Leur tracé est celui des actuelles rues du Barry. et de la Tour. L'enceinte comprenait alors quatre portes dont seul subsiste le portail de la Trappe, remanié en 1809. Les trois tours qui complétaient l'ensemble ont disparu. Dès l'origine les maisons s'étant adossées au rempart, le village s'est établi en cercles concentriques à partir du donjon primitif, disposition qu'il a conservée de nos jours.

Tour de l'horloge

Le beffroi ou tour de l'horloge

Église Saint-André

L'église Saint-André

Tour de l'horloge

Ce beffroi a probablement été élevé au xviie siècle sur l'ancienne halle. En moellons de basalte et chaînages d'angle en calcaire, il est surmonté d'un clocher-mur percé d'une baie en plein cintre. Il a été réparé en 1878, l'horloge a été supprimée et la cloche, datée de 1602, déplacée dans le campanile de la mairie en 1939.

Église Saint-André

La destruction, au cours des guerres de Religion, des églises paroissiales Saint-Pierre et Saint-Martin, éloignées de l'agglomération, a nécessité la construction intra muros de l'église Saint-André. Il existait déjà, depuis au moins le xiiie siècle, une chapelle du même nom, mais elle était devenue trop exigüe pour la communauté paroissiale. La construction de la nouvelle église commença en 1598. Adossée au rempart, elle est renforcée d'un élément défensif, une échauguette d'angle, qui sera tronquée lors d'une réfection de la toiture.
Le plan de l'église est simple, une nef unique, terminée par un chœur rectangulaire ; la première travée de la nef est couverte d'un berceau plein cintre, les autres de voûtes d'arêtes. Une chapelle a été ajoutée côté nord vers 1685. Le clocher-mur qui menaçait ruine a été reconstruit au xixe siècle. Une de ses trois baies abrite une cloche datée de 1538, récupérée dans l'une des anciennes églises d'Aps désaffectées après les troubles religieux.
L'église abrite plusieurs tableaux classés Monuments historiques.
Depuis le milieu du xviie siècle jusque vers 1850, le cimetière occupait une partie de l'emplacement de la place de l'église actuelle.

Les maisons

La plupart des maisons du village intra muros datent de la deuxième moitié du xvie ou du xviie siècle, souvent remaniées au xixe. Elles sont bâties en moellons de basalte, avec des chaînages d'angle et des encadrements en calcaire. Beaucoup méritent l'attention, en particulier pour avoir conservé des sculptures dont plusieurs classées Monuments historiques.

La Roche

La Roche d'Aps a formé une communauté distincte de celle d'Aps jusqu'à la Révolution. C'etait une coseigneurie dont faisaient partie les seigneurs d'Aps, notamment les familles de Deux-Chiens et d'Adhémar.
Il ne reste quasiment rien du château fort qui était élevé au pied de l'éminence basaltique dite le Roc Saint-Jean qui surplombe l'Escouitay, autour duquel s'est développé le village. En revanche, une partie des fortifications, qui comportaient sept tours et trois portes, est conservée. Notamment au nord on peut voir encore le portail de la Trappe qui ouvre sur les bord de la rivière, ainsi qu'au sud-est la tour et la porte de Bressac. L'alignement des façades le long du Barry suit le tracé de l'enceinte.

Le roc Saint-Jean

Le roc Saint-Jean

Portail de la Trappe

Portail de la Trappe

La Roche eut très tôt une maison commune, ou consulaire, mentionnée depuis le xvie siècle. Située rue du Four, elle abritait le four banal.
Au xviie siècle, les habitants de la Roche qui, du point de vue religieux, dépendaient jusque là du prieuré de Saint-Martin, décidèrent de construire une chapelle intra-muros. Celle-ci sera achevée en 1675. Tombée en ruine, elle a été restaurée à la fin des années 1960.

Porte de Bressac

Porte de Bressac

Chapelle

La chapelle

Une rue
Tour de Bressac

Tour de Bressac

Maison consulaire

La maison consulaire

Sources

Paul Bousquet
Françoise Bousquet-Ledavre